Le haut potentiel intellectuel (HPI)

Le haut potentiel intellectuel désigne un fonctionnement cognitif particulier qui peut influencer la manière de penser, d’apprendre et d’interagir avec les autres. Mieux comprendre ces particularités permet d’accompagner les enfants et les adultes concernés de manière plus adaptée.

On  définit l’enfant HP  comme un enfant qui a un QI supérieur à 130, mais le QI ne résume pas le Haut Potentiel car on sait que ce sont des enfants particulièrement anxieux  et qui, souvent , ont une grande sensibilité. 

Le haut potentiel intellectuel (HPI) désigne une intelligence, un fonctionnement cognitif  quantitativement ET qualitativement DIFFERENTS.  

Ellen Winner dans son livre, Gifted Chidren. Myths and Realities, en 1997 associait au QI >130 l’insistance à vouloir se débrouiller seul et la rage de vouloir maîtriser. 

Les Québécois parlent de douance intellectuelle et précisent que  c’est plus que l’intelligence et plus que la performance à un test d’intelligence. La douance tient compte de facteurs non cognitifs comme des facteurs comportementaux, sociaux, émotionnels et psychologiques. 

Les profils des enfants testés peuvent se révéler très différents : 

  • Le Haut QI homogène, supérieur à 130 dans tous les domaines 
  • Le Haut QI hétérogène avec plus de 15 points d’écart entre 2 indices et dont on ne devrait pas calculer le QI Total. 

L’identification du HP ne doit pas se limiter à un chiffre. L’interprétation du bilan doit être nuancée et tenir compte de l’histoire de l’enfant, depuis qu’il est tout petit et dans les différents contextes familial, scolaire et extra-scolaire. 

Ils sont, pour la plupart, en décalage interne tout d’abord . Par exemple ils sont souvent plus à l’aise au niveau verbal qu’au niveau graphique ou de la coordination. Il existe aussi un décalage externe, comme le décalage avec leurs pairs,  de plus et bien souvent, ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêts. 

La prévalence reste inchangée depuis des années. Elle est de 2 à 3% des enfants ce qui représente environ 300 000 enfants en France.  

Dans chaque classe se trouvent très probablement 1 à 2 enfants  HPI. Les statistiques sont de 2 garçons pour une fille mais la proportion de filles est certainement sous-évaluée.  

Pourquoi ?  

La souffrance est souvent plus visible chez les garçons (agitation, troubles du comportement, opposition, colères, échec scolaire, etc…) amenant les parents à consulter rapidement.  

Les filles, au contraire, intériorisent leurs problèmes, leurs particularités et leur mal-être. Comme elles s’adaptent plus facilement et sont souvent moins en échec scolaire, l’identification du HP est souvent plus tardive. Un moment clé  est le passage au lycée où elles peuvent parfois s’effondrer lors des premières mauvaises notes alors que rien ne le laisser présager. Parfois elles sont dépistées à l’âge adulte quand un de leur enfant est lui-même repéré HP… 

Une étude a été réalisée par Dominique Sappey-Marignier, Docteur Olivier Revol et Docteur Fanny Nusbaum chez les enfants HP de 8 à 12 ans au CERMEP  (centre d’imagerie du vivant ) à Lyon en 2018 . Cette étude a mis en évidence les spécificités cérébrales des enfants HP en fonction de leur profil cognitif. 

​Suite à cette étude, on connait mieux leur façon de traiter l’information. Ils la traitent vite, en arborescence, donc cela donne de la richesse à leur réponse. Très souvent dépourvu de méthode, ce mode de traitement de l’information devient un frein au collège puis au lycée. 

​ L’enfant HP a une pensée plus intuitive que déductive ce qui peut le mettre en difficulté. 

Mais encore… 

  • La myéline  et donc la substance blanche pourrait être plus épaisse, améliorant la conduction nerveuse, la communication intra et inter-hémisphérique (compréhension rapide, flashs, intuitions…) et majorant la sensorialité. 
  • La matière grise des aires frontales et pariétales peut aussi être augmentée ; le réseau fronto-pariétal est très efficace, expliquant de meilleures capacités d’abstraction, de déductions logiques et/ou de très bonnes compétences linguistiques. 
  • Un plus grand nombre de synapses augmenterait le réseau neuronal et améliorerait la mémoire et les capacités d’apprentissages.  
  • Une activation plus importante des aires pariétales  expliquerait la pensée en arborescence.  
  • L’excitabilité du système limbique et de l’amygdale serait une explication à l’hypersensibilité émotionnelle et l’empathie. 
  • Une durée de sommeil paradoxal plus élevée permettrait de réduire le besoin de sommeil et de consolider les apprentissages. 
  • La plasticité cérébrale enfin serait plus importante.  

Plus un enfant HP est identifié tôt, reconnu et accepté tôt par son entourage, plus il sera épanoui et en accord avec lui-même et avec l’image que les autres auront de lui.

Cela lui permettra de transformer sa différence en un atout, de recevoir une pédagogie adaptée à sa soif de connaissance et par conséquent, de bien vivre sa vie scolaire, sociale et affective.

Il est conseillé de tester les enfants à partir de 6 ans si besoin il y a.

Parfois nous sommes amenés à le faire plus tôt (vers 4 ou 5 ans ) mais c’est au cas par cas , et en fonction des problématiques exposées par les familles ou par l’école. 

Le Haut Potentiel ne peut être confirmé que par la pratique d’un bilan psychologique complet.  

Ce bilan complet comprend : un test psychométrique, plus communément appelé test de Q.I., ainsi qu’une évaluation clinique. 

Ce bilan ne peut être effectué QUE par un psychologue ou neuropsychologue. Ce sont les seuls autorisés à pratiquer des bilans psychologiques. 

Le test psychométrique est la première étape. On ne peut pas comprendre l’origine des difficultés de l’enfant, identifier ses besoins et ses ressources si on ignore le niveau et le profil de cet enfant. 

Les tests complémentaires qui peuvent être réalisés au cours de la passation du test de Q.I., comme des épreuves de personnalité, permettent de compléter le profil de l’enfant.  

L’examen psychologique complet a pour objectif de comprendre le mode de fonctionnement psychique, relationnel et cognitif de l’enfant et donc de connaître ses points forts et ses points faibles. Il s’inscrit dans une démarche clinique globale basée sur un questionnement, des observations et des évaluations à un moment donné. 

​ Le bilan fournit des réponses appropriées, des pistes individuelles qui permettent aux parents de mieux comprendre leur enfant et à l’enfant de mieux se connaître. Il permet également d’évaluer la nécessité d’un suivi. 
Il existe plusieurs tests psychométriques étalonnés. Les tests WISC V, K-ABC-II, WISPIV s’effectuent chez un psychologue ou un neuropsychologue  formé et sensibilisé au sujet. 

​On utilise : 

  • La WPSSI-IV depuis 2014 pour les enfants de 2 ans 6 mois à 7 ans 7 mois. 
  • le WISC V depuis 2016 pour les enfants  de 6 ans à 16 ans 11 mois. 
  • La WAIS IV depuis 2011 pour les adolescents et les adultes de 16 à 79 ans 11 mois 
  • Le K-ABC-II depuis 2008 est utilisé mais beaucoup moins couramment. 


Attention : Seuls des tests pratiqués par des psychologues et/ou neuropsychologues en passation 

individuelle permettent d’évaluer le QI.  Toutes les pratiques telles que les questionnaires sur internet, les tests de magazines ne sont pas reconnus et leurs résultats ne peuvent pas être pris en compte. 

Il est fondamental que le test soit effectué par un professionnel formé sur le sujet. 

​Vous pouvez nous contacter et nous vous donnerons des coordonnées de professionnels.  

Il est fréquent de constater déjà chez le nourrisson un regard pénétrant, scrutateur, un très bon tonus voire une avance motrice. Le pointage est vite utilisé et reflète l’intérêt de l’enfant pour son entourage et son environnement.  

Le langage peut être vite acquis mais pas toujours. Ce qui est souvent frappant est que le vocabulaire est d’emblée élaboré et la syntaxe correcte, même quand l’enfant se met à parler un peu tardivement.  

Beaucoup d’enfants HP commencent leurs phrases par un « en fait » qui traduit leur temps de réflexion avant de répondre à la question… ( Olivier Revol ) 

Les apprentissages comme la propreté sont rapidement intégrés.  

Généralement ils ont des sens très affutés et une hypersensibilité.  

Le revers de la médaille est qu’ils sont souvent exigeants voire opposants et/ou petits dormeurs…  

Les enfants HP plus âgés ont également des comportements souvent différents des  normotypiques  

avec un peu plus de troubles somatiques, d’anxiété, de difficultés sociales, d’attention mais les  

différences ne sont pas réellement significatives. 

Pour les enfants HP, penser est un besoin voire une compulsion.  

Le fonctionnement cognitif de l’enfant HP  associe généralement une hyper-spéculation, une hyper-acuité, une hyper-latence et une hypersensibilité émotionnelle.  

L’enfant HP est souvent tout « TROP » mais ne le fait pas exprès…  

L’hyper-spéculation *, terme proposé par Fanny Nusbaum, c’est se poser mille questions, vouloir  aller au bout des raisonnements, extrapoler, tout remettre en cause. Les enfants HP ne se satisfont  pas d’un « c’est comme ça » ; ils vont toujours chercher une explication cohérente aux faits et aux  actions, même si elle semble évidente à tous. Ils sont en quête de sens.  

S’ils ne le trouvent pas, ils peuvent être incapables de s’intéresser et/ou de mémoriser ce qu’on leur demande d’apprendre. L’ennui est ainsi une des grandes difficultés rencontrées  par les enfants HP. Un exemple : retenir par cœur les tables de multiplication alors qu’ils peuvent retrouver facilement les résultats ne les motive souvent pas. 

Tout l’enjeu va être pour les enseignants de leur faire comprendre l’intérêt de certains apprentissages du système scolaire… De même ils sont souvent très attachés à la précision des mots et des termes employés.  

L’hyper-acuité * est la capacité cognitive qui permet de percevoir, d’analyser et d’enregistrer de très nombreuses informations auxquelles les autres ne prêtent pas attention.  Elle est rendue possible par leur hypersensorialité qui leur permet de voir plus loin, comme à travers un télescope ou plus près comme avec un microscope. Leur hypersensibilité émotionnelle leur permet des flashs, des intuitions  voire des alertes par rapport à des dangers potentiels. Ce sont en quelque sorte des « sentinelles », qui ne sont pas toujours crues.

L’hyper-latence * fait référence à la difficulté de se concentrer sur une tâche sans se laisser distraire.  

Elle peut exister en dehors de tout trouble attentionnel. Elle aussi est en relation avec l’hypersensorialité (bruits, odeurs, vibrations…) qui bombarde l’enfant d’informations et l’empêche de se concentrer. 

C’est la pensée arborescente qui peut être aussi invalidante que performante, surtout quand l’enfant s’ennuie. 

En revanche, quand il est passionné, il est tout à fait capable de se concentrer longtemps (sauf en cas de TDAH associé…).   

*les philocognitifs : ls n’aiment que penser et penser autrement… 

Dominique Sappey-Marinier, Fanny Nusbaum et Olivier Revol, Odile Jacob, 2019. 

L’hypersensibilité émotionnelle font de ces enfants et adolescents des jeunes généralement très empathiques, avec un sens aigu de la justice. 

L’enfant, l’adolescent et même l’adulte se sentent souvent très différents. 

Ce décalage peut amener enfants et adolescents HP à s’isoler. D’autres peuvent avoir  des  débordements émotionnels avec des réactions excessives. Il peut leur arriver aussi d’être insolents ou opposants dans le cadre familial, scolaire ou social. Ils en sont ensuite malheureux car ils se rendent compte de « l’anormalité » de leurs réactions et souffrent du fait de ne pas pouvoir se contrôler. 

Les enfants HP peuvent avoir de bons résultats scolaires mais ce n’est pas le cas pour tous, surtout quand il existe des troubles  associés. Par contre, compte-tenu de leur bon niveau cognitif, ils prennent vite conscience de leurs difficultés et de leurs différences. Même s’ils se savent capables de réaliser des choses compliquées, il se rendent compte qu’ils échouent à des exercices que les autres font sans problème. Et leurs passions n’intéressent souvent pas grand monde. Tout peut concourir à mettre à mal leur estime de soi et les faire se « sentir nuls ». 

L’enfant HP a une pensée plus intuitive que déductive ce qui peut le mettre en difficulté. 

​Certains autres éléments peuvent compliquer leur scolarité tels que : 

  • l’ennui 
  • le manque de confiance en eux 
  • leur grande sensibilité 
  • leur sens critique 
  • leur lucidité exacerbée 
  • l’absence de goût pour l’effort 
  • le manque d’attention car il peut avoir certaines difficultés à se concentrer sur une seule chose à la fois. 

Parfois, le Haut Potentiel peut être associé à des troubles d’apprentissages, il est alors nécessaire de les identifier. 

Cette identification peut être compliquée, le Haut Potentiel pouvant masquer les troubles. 

Les fameux twice exceptionals ! Quand la neuroatypie frappe deux fois (Béatrice Millêtre )

Les enfants doublement exceptionnels, ou « 2E », se trouvent à l’intersection de deux particularités : un haut potentiel intellectuel et un trouble neurodéveloppemental.

La double neuroatypie est souvent difficile à identifier et encore plus à accompagner. Parfois le jeune ou l’adulte peut avoir un profil HPI et non pas un TND mais plusieurs.

Il est donc important de se rapprocher de professionnels connaissant bien ces particularités car là est toute la complexité.

Le HPI peut longtemps masquer un trouble qu’il soit DYS, TDAH ou TSA, et parfois on découvre le pot aux roses quand la situation scolaire ou professionnelle se complexifie.

A l’inverse l’identification d’un ou plusieurs troubles peut masquer le profil HPI. Naviguons au sein de ces twice exceptionals et prenons l’exemple de ces 2 profils : HPI /TSA d’une part et HPI / TDAH d’autre part.

Ces profils ont été décrits par le Dr Revol au cours de conférences que nous avons proposées

Les filles à Haut Potentiel Intellectuel sont aussi nombreuses que les garçons, mais moins souvent repérées. Elles sont discrètes et ne sont pas particulièrement visibles. Elles ont des possibilités qu’elles cachent et adaptent pour disparaitre dans la norme. 

Différentes, en décalage, un mode de fonctionnement atypique les caractérise. 

D’ailleurs, quand on cite des HPI célèbres, ce sont souvent des noms masculins qui viennent à l’esprit Einstein, Mozart, et pourtant en proportion, il y a autant de femmes que d’hommes HPI.… 

Et les femmes, qu’est-ce qui les distingue ? 

Souvent elles demeurent inconnues mais on peut citer Marie Curie, Camille Claudel, Sharon Stone, Jodie Foster, Amélie Nothomb….et Alizé Lim. 

On a plus souvent identifié les hommes parce qu’ils savent se faire remarquer par leur comportement qui remet en question bruyamment la société alors on les teste pour leur proposer un accompagnement adapté. 

Les troubles chez les filles sont discrets, internalisés et donc passent inaperçus. Les filles peuvent avoir du mal à gérer les interactions sociales, elles sont parfois victimes de leur empathie et sensibilité. 

Certaines ayant d’excellentes performances sont rejetées alors, pour être intégrées, elles se cachent, ce qui peut impliquer une perte de confiance en elles et mettre à mal leur avenir. 

D’autre part, on a tendance à ne pas socialiser les filles et les garçons de la même manière, les stéréotypes ont la vie dure ! 

Les filles ont tendance à douter plus souvent de leurs capacités, elles ont peur de l’échec et ne prennent pas trop de risques. Elles ont tendance à se dévaloriser et à perdre confiance. Elles s’attachent également à répondre exactement aux attentes des adultes. 

Monique de Kermadec, psychologue, clinicienne et psychanalyste dans son ouvrage « La femme surdouée » Ed. Albin Michel déclare que « Les femmes vivent dans une société qui a toujours un peu de mal à les comprendre en tant que femmes, alors avec le paramètre HP, cette opacité est encore plus grande. » 

Le rôle social lui impose le masque du syndrome de l’imposteur contre lequel elle doit lutter pour se révéler à elle-même et aux autres. Ce n’est tout de même pas facile de vivre dans la tête d’une HPI car l’ennui, la routine, les émotions, le manque de stimulation n’ont pas de sexe. 

Quelles sont les caractéristiques de ces filles HPI qui les distinguent des autres ? 

  • Sensibilité hors norme et maturité avancée. 
  • Penser tout le temps et différemment et ne jamais se contenter de réponses toutes faites et de solutions flagrantes, quand une problématique se présente, elles la creusent jusqu’à trouver la solution. 
  • Hyper conscience des questions d’ordre existentiel.  
  • Submergées par les tempêtes émotionnelles, avec des sentiments d’anormalité, de bizarrerie. 
  • Sur adaptation pour échapper aux radars. 
  • Sentiment de très grande solitude, autodestruction parfois pour être dans la norme. Honte d’être différente. 
  • Souvent brillante grâce à ses facilités intellectuelles (pas toujours car elle peut avoir un trouble associé), mais cela ne va pas être très valorisé pour atteindre des objectifs de victoire, d’indépendance, de réussites scolaire et sociale. 

Elles pratiquent le camouflage  jusqu’à se dévaloriser, dégrader leurs performances scolaires (les conséquences d’un effet pygmalion qui a perduré durant leur scolarité), elles tombent parfois dans la dépression et le décrochage…anorexie…borderline…trouble de l’anxiété…mauvaise estime de soi…mal être permanent.. harcèlement parce que différentes.. 

Elles sont également réputées plus scolaires, plus discrètes, et plus soucieuses de s’intégrer au groupe au risque de s’effacer et de brider leur personnalité (jusqu’à se créer un faux-self  Jean-Charles  Terrassier). 

Les filles sont souvent dépistées tardivement, parfois à l’âge adulte quand elles comprennent que le haut potentiel de leur fils ou fille vient également du leur. 

« Le diagnostic agit comme une révélation, qui leur donne la permission d’être elles-mêmes et de tomber le masque pris pour se faire adopter. » Monique de Kernadec. 

Prise de conscience, cette étape est importante, elle permet de mieux connaitre son fonctionnement intellectuel et affectif. 

Mieux s’accepter, mieux développer ses capacités et aller vers l’épanouissement personnel. 

Aidons les à lâcher prise et à s’intégrer dans le groupe, dans la société, telles qu’elles sont sans brider leur personnalité ! Elles sont performantes, il suffit parfois de les accompagner dans les questions profondes et existentielles qu’elles se posent à l’infini afin qu’elles se sentent comprises et acceptées dans leur différence ! 

Auteure : Faïza Alami 

     Cheffe d’établissement à la retraite, ayant mis en place entre 2012 – 2017 un dispositif          

     d’accompagnement et de prise en charge des HPI au collège Les Battières – Lyon. 

Parce que les filles à Haut Potentiel Intellectuel sont moins repérées que les garçons, elles ne bénéficient ni du soutien, ni de la stimulation appropriée. Cette identification réduite des filles HP est en partie due au fait que, de manière générale, les filles manifestent leur ennui et leur mécontentement de façon moins explicite en classe que les garçons. Elles ont tendance à s’isoler et à se conformer plutôt qu’à se comporter d’une façon qui attirerait l’attention de leur entourage.  

L’objectif n’est pas de rendre systématique l’identification des filles pour atteindre les mêmes quotas que les garçons, ce qui serait discriminatoire en soi et dénué de sens. Toutefois, actuellement, seul un tiers d’entre elles sont formellement identifiées. Ce qui importe est que leur entourage connaisse les critères d’identification propres aux filles afin qu’elles puissent être reconnues, stimulées et accompagnées en fonction de leur potentiel et de leurs besoins. Dotées d’une grande capacité d’adaptation, l’identification précoce de leur haut potentiel permet aux filles douées d’éviter de se limiter pour être en conformité aux attentes de leur entourage. 

   Des critères d’identification stéréotypés  

Les critères d’identification appliqués par l’environnement scolaire et familial sont en effet, aujourd’hui encore, majoritairement basés sur des observations faites sur les garçons, soit des comportements typiques adoptés par ces derniers. Contrairement à la plupart des garçons HP, les filles HP n’attirent pas l’attention des enseignants car elles ne dérangent pas les cours. Les filles uniques, les filles aînées sans frère ou avec une grande différence d’âge entre elles et leur frère plus jeune ont davantage de chance d’être repérées. 

   Les filles HP à l’école 

Les filles HP auront tendance à se sur-adapter, souvent au point d’inhiber leur potentiel. En classe, elles s’occupent, dessinent et lisent souvent pendant de longs moments, ne dérangent pas les cours et ne donnent pas l’impression de s’ennuyer ou d’être sous-stimulées. Ce sont de véritables  

 « caméléons». Comme elles semblent bien intégrées dans la classe, qu’elles sont appliquées et que leurs résultats scolaires sont bons, voire excellents, leurs parents et leurs enseignants auront ainsi l’impression qu’elles « vont bien ». 

À l’adolescence, les filles HP sont encore plus difficilement détectées, car elles ont tendance à nier leur potentiel afin de maintenir leurs interactions sociales et d’être acceptées par leurs pairs. 

   Les risques des filles HP 

Très jeunes déjà, elles intègrent en effet les facteurs externes comme les valeurs et stéréotypes de genre, transmis souvent inconsciemment par leurs parents et leurs enseignants, ainsi que l’influence des pairs. Des facteurs internes comme le perfectionnisme, l’intensité, le manque de confiance en soi et en leurs capacités, le besoin de contrôle, la peur de l’échec et la crainte du succès, empêchent leur affirmation de soi et la réalisation de leur potentiel exceptionnel. 

Sur le long terme, leur volonté d’apprendre et de s’investir, ainsi que leurs ambitions de réussite, diminuent. Leurs résultats scolaires baissent et un bilan de QI ne semble pas se justifier car « elles ne sont pas si douées que ça ». 

En l’absence d’un bilan, les filles HP restent minoritaires dans les regroupements de jeunes à haut potentiel et dans les programmes d’excellence et bénéficient moins de ces outils de soutien. 

C’est souvent à l’âge adulte et après des années de souffrance que leur haut potentiel est identifié.  

   Le rôle des adultes  

Il est donc indispensable que les adultes qui entourent les filles HP, parents et professionnels, partagent régulièrement leurs observations respectives, afin de réagir à des changements significatifs d’attitude et de comportement chez des filles jusque-là sans problèmes apparents. Elles ont besoin de nous, adultes, pour pouvoir s’épanouir et développer harmonieusement leurs capacités intellectuelles et affectives et aller au bout de leurs rêves. 

Auteure : Doris Perrodin-Carlen, 

   spécialiste de l’éducation des enfants et adolescents HPI, diplomée ECHA (European Council for High Ability),auteure de « Et si elle était surdouée ? » édition SZH/CSPS (2015) et de « Douée ? Moi ? » Edition ASEHP (2017),  co-auteure de « 100+ idées pour accompagner les enfants à haut potentiel » Edition Tom Pousse (2021). 

 Les élèves à haut potentiel (EHP) représentent 2 à 3 % de la population scolaire, tous milieux confondus. 

Certains d’entre eux nécessitent une attention particulière ainsi que la mobilisation de toute la communauté scolaire et des familles. 

  •  Le reconnaître : 

    Quelques signes évocateurs : 

  • Il est soit perfectionniste, soit désordonné, mais manque souvent de méthode. 
  • Il est en avance sur les acquisitions de son âge (sauf si trouble associé). 
  • Il est souvent en questionnement, recherche des réponses. 
  • Il peut être brillant à l’oral mais peiner à l’écrit. 
  • Il a peu de relations sociales avec ses pairs mais recherche celles de l’adulte. 
  • Il s’ennuie en cours ou se sur-adapte (les filles). 
  • Il peut être désinvesti ou rapide mais parfois lent. 
  • Son hypersensibilité peut le conduire à amplifier la perception des choses. 
  • Ses résultats scolaires sont parfois inégaux selon les matières ou les années. 

  • Le comprendre : 

      quelques signes de personnalité : 

  • Il peut être hypersensible, émotif. 
  • Il a souvent une mauvaise estime de lui, se sent différent, se sent en décalage. 
  • Il  peut parfois paraître insolent. 
  • Il est très sensible à l’injustice.  
  • Il peut être anxieux. 

Source EHP 75 (académie de Paris)

Tous les élèves à haut potentiel ne sont pas en difficulté scolaire et peuvent très bien réussir. 

 Mais un certain nombre de ces élèves présente des difficultés associées. 

​ 

  • Comment fonctionne-t-il ? 
    • Il fonctionne avec des associations d’idées très rapides. 
    • Il passe très vite de l’effort à la pensée automatique. 
    • Il va vite dans sa tête mais il est parfois plus lent avec ses mains. 
    • Il a des difficultés à passer de la globalité au séquentiel. 
    • Il maîtrise souvent mal l’implicite. 
    • Il ne comprend pas toujours les consignes. 
    • Il a une mémoire à court terme efficiente (sauf si trouble associé). 

​ 

  • Troubles associés 

        Certains enfants à haut potentiel présentent des difficultés associées telles que des : 

  • Troubles Spécifiques des Apprentissages : 
  • Trouble spécifique de la coordination (dyspraxie) 
  • Trouble spécifique du geste graphique (dysgraphie). 
  • Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H). 
  • Trouble Oppositionnel avec Provocation (TOP).

Valoriser les comportements positifs. 

​Éviter la répétition. 

​Ne pas être dans le « + d’exercices » mais dans l’approfondissement en favorisant un accès plus large  à  l’information. 

​Donner de la complexité. 

​L’aider à faire des liens avec d’autres thématiques. 

​Mettre en place un PPRE (Projet Personnalisé de Réussite Éducative) ou dans le cas de troubles        

 spécifiques d’apprentissages, « Dys », un PAP (plan d’accompagnement personnalisé). 

​Aménager la scolarité (décloisonnement, passage anticipé). 

L’enfant à haut potentiel a besoin de défis. 

 Parce que réussir quand c’est difficile permet de développer l’estime de soi, il est utile de : 

  • l’aider à comprendre son fonctionnement, sa manière d’apprendre (métacognition) 
  • favoriser les activités qui le mettent en état de recherche (exposés, comptes-rendus d’expériences), 
  •  favoriser le tutorat, 
  •  l’aider à structurer sa pensée en travaillant sur les cartes heuristiques, 
  •  mettre en place des méthodes de travail par étapes et des stratégies d’apprentissage, 
  •  utiliser les outils numériques possibles (ordinateur, Internet…). 

Et au niveau académique….  

Au cas, nous l’espérons le plus rare possible, où le dialogue ne s’avère pas ou plus possible avec les 
enseignants et les responsables de l’établissement scolaire ou l’inspecteur de la circonscription du premier degré (école collège ou lycée), il est possible de prendre contact avec le référent « élèves à haut potentiel » de la direction académique de votre département. 

Il facilitera la recherche de solutions avec l’ensemble des parties prenantes. 

(Extraits) 

Le terme Élève à Haut Potentiel (EHP) est dorénavant retenu par l’Éducation Nationale  (Vademecum Mars 2019) 

Site EDUSCOL (Portail national des professionnels de l’éducation) Ressources pour la personnalisation des parcours des élèves à haut potentiel. 
L’École doit scolariser tous les élèves sans aucune distinction. Il nous appartient de mettre en œuvre toutes les dispositions pour que cette École devienne pleinement inclusive et afin que tous les élèves à haut potentiel puissent s’y développer et s’y épanouir. 
Vademecum « Scolariser un élève à haut potentiel » 

Les élèves à haut potentiel ont des besoins spécifiques encore trop peu connus. Il est essentiel de mieux connaître les spécificités des EHP afin de mieux les scolariser. Pour cela EDUSCOL propose des ressources et des adaptations pédagogiques pour les enseignants. 
Ce vademecum présente des ressources et aménagements pédagogiques afin de favoriser la scolarisation des élèves à haut potentiel dans le premier et second degré. 

 Site de l’Education Nationale : 

https://eduscol.education.fr/1188/ressources-pour-la-personnalisation-des-parcours-des-eleves-haut-potentiel

Sur ce site se trouvent : 

​BO EN n° 44 du 27 novembre 2014 

Décret n° 2014-1377 du 18-11-2014 – J.O. du 20-11-2014 

Article 31 – L’article D. 332-6 du même code est remplacé par les dispositions suivantes : 

« Art. D. 332-6. – 
À tout moment de la scolarité, un accompagnement pédagogique spécifique est apporté aux élèves qui manifestent des besoins éducatifs particuliers, notamment ceux qui présentent des capacités singulières ……. 
 Cet accompagnement est mis en place par les équipes pédagogiques, sous l’autorité du chef d’établissement, en associant l’élève et ses représentants légaux… 
 «Les élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières bénéficient d’aménagements appropriés. Le cas échéant, ces élèves peuvent bénéficier des dispositions prévues à l’article D. 311-13*. En accord avec leurs représentants légaux, leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. «Lorsqu’il apparaît à l’équipe pédagogique qu’un élève tirerait profit d’un aménagement de son parcours scolaire, des dispositifs spécifiques à vocation transitoire comportant, le cas échéant, des aménagements d’horaires et de programmes, peuvent lui être proposés avec l’accord de ses représentants légaux. 
  

– Les élèves dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages peuvent bénéficier d’un plan d’accompagnement personnalisé prévu à l’article L. 311-7, après avis du médecin de l’éducation nationale. Il se substitue à un éventuel programme personnalisé de réussite éducative. Le plan d’accompagnement personnalisé définit les mesures pédagogiques qui permettent à l’élève de suivre les enseignements prévus au programme correspondant au cycle dans lequel il est scolarisé. Il est révisé tous les ans. » 

 Circulaire 2014-068 du 20-05-2014 Préparation de la Rentrée 2014 (Annexe 12- Para 2-3.) 

 Les EIP bénéficient des aménagements pédagogiques nécessaires. S’ils éprouvent des difficultés, un Programme Personnalisé de Réussite Educative (PPRE) peut être mis en place. S’ils présentent également des troubles des apprentissages, ils peuvent bénéficier du Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP), qui organise les aménagements qui leur permettent d’entrer dans une dynamique de réussite scolaire. 
  

BO n° 15 du 11 avril 2013 – Rentrée scolaire 2013-2014 

Mieux scolariser les élèves en situation de handicap et les élèves à besoins éducatifs particuliers. 

« Enfin, une attention particulière devra être accordée aux élèves intellectuellement précoces (EIP), pour qu’ils puissent également être scolarisés en milieu ordinaire. À cet effet, dès la rentrée 2013, chaque enseignant accueillant dans sa classe un élève intellectuellement précoce aura à sa disposition sur EDUSCOL un module de formation à cette problématique ». 
  

BO 45 du 3 décembre 2009 Guide d’aide à la conception de modules de formation pour une prise en compte des élèves Intellectuellement Précoces. 

BO 38 du 25 octobre 2007 – « Parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l’école et au collège » 
La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école article 27 codifié 321-4, prévoit une meilleure prise en charge des EIP ou manifestant des aptitudes particulières et qui montrent aisance et rapidité dans les activités scolaires, “notamment par des aménagements appropriés”. 
 
L’amélioration de la détection de la précocité intellectuelle dès qu’un enfant est signalé par l’école ou par sa famille comme éprouvant des difficultés, y compris d’ordre comportemental, afin de proposer des réponses adaptées et un suivi. Cette détection suppose la vigilance. 
 
L’amélioration de l’information des enseignants et des parents sur la précocité intellectuelle, les signes que manifestent les élèves, les réponses qui peuvent être apportées 
 
L’organisation de systèmes d’informations afin de quantifier le phénomène, de qualifier les situations, de recenser les réponses apportées. Dans le but de venir en aide aux élèves concernés et à leur famille, ainsi qu’aux enseignants en charge de ces élèves, la mise en place d’un groupe académique ou départemental chargé du suivi de cette question ainsi que la désignation d’une personne ressource sont des réponses possibles. 
 
Ils s’appuieront pour ce faire sur les IUFM et leurs formateurs, ainsi que sur les ressources des associations dont certaines représentent une expertise précieuse en la matière. 
  

BO 31 du 1er septembre 2005 

« Mise en œuvre de la loi d’orientation pour la réussite des élèves en collège » 

Art.5-1 §3 - Des aménagements au profit des EIP ou manifestant des aptitudes particulières. En accord avec les parents ou le représentant légal, leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. Le cas échéant, ils peuvent bénéficier de toutes les mesures prévues pour les « élèves qui rencontrent des difficultés ». 
Les élèves intellectuellement précoces (EIP) doivent bénéficier de réponses individualisées. Dans chaque académie, un référent EIP est l’interlocuteur privilégié pour les parents et la communauté éducative. 
Pour assurer le suivi et la prise en charge de ces élèves dans les meilleures conditions, il convient de privilégier trois orientations : la formation, la lisibilité des structures et leur développement dans l’enseignement. 
  

 « Mise en œuvre de la loi d’orientation pour la réussite des élèves à l’école » 

Art. 4-1 - Dans sa scolarité primaire, un élève ne peut redoubler ou sauter qu’une seule classe. Dans des cas particuliers, et après avis de l’Inspecteur chargé de la circonscription, un second redoublement ou un second saut de classe peut être décidé. 
  

Art. 4-2 - Tout au long de la scolarité primaire, des aménagements appropriés sont prévus au profit des EIP ou manifestant des aptitudes particulières qui montrent aisance et rapidité dans les acquisitions scolaires. 
Leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. 
  

BO 18 du 5 mai 2005 – Art. L .321-4 du code de l’éducation est ainsi rédigé (Art.27) 

Des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières, afin de leur permettre de développer pleinement leurs potentialités. La scolarité peut être accélérée en fonction du rythme d’apprentissage de l’élève. 
  

Pour l’application des dispositions du présent article, des établissements scolaires peuvent se regrouper pour proposer des structures d’accueil adaptées. 

« Les élèves réputés intellectuellement précoces éprouvent parfois des difficultés d’adaptation et de socialisation. Ce rapport restitue la réflexion menée sur le sujet par le groupe de travail missionné par  Jack LANG, Ministre de l’Education Nationale (Janvier 2002), analyse la situation actuelle, en France et aussi à l’étranger, et avance des propositions : repérer les précocités le plus tôt possible, dialoguer avec les familles, adapter les rythmes d’apprentissages selon les élèves, proposer un projet personnalisé, intégrer les élèves dans des classes hétérogènes, former et sensibiliser les enseignants à ce cas de figure. » Education.gouv.fr 

(Synthèse approfondie qui suggère des propositions en 9 axes de travail) 
  

1ère voie de proposition : 

Mieux connaître les élèves « intellectuellement précoces » 

  • en encourageant la recherche sur ce thème, 
  • en engageant une étude portant sur un échantillon représentatif de la population scolaire, 
  • en conduisant une évaluation approfondie et rigoureuse des expériences déjà̀ engagées en France 
  • en constituant un dispositif de « veille » susceptible d’examiner les données, de suivre les recherches. 

2ème voie de proposition : 

Prévenir les difficultés 

  • en sensibilisant l’ensemble des acteurs engagés dans l’éducation des jeunes enfants : enseignants, membres des réseaux d’aides (RASED), médecins scolaires, parents… 
  • en tirant profit des évaluations conduites dans le premier degré́ pour identifier les situations où coexistent des difficultés et des compétences remarquables, 
  • en mobilisant tout particulièrement les psychologues scolaires et les conseillers d’orientation- psychologue, 
    en reconsidérant les instruments utilisés pour évaluer les aptitudes intellectuelles. 
      

3ème voie de proposition :  

Accueillir les familles et les accompagner tout au long de la scolarité.

  • en ouvrant un dialogue approfondi avec les parents, 
  • en ménageant des temps d’échange à chaque étape de la scolarité, 
  • en organisant, dans les inspections d’Académie, un point d’accueil pour les familles en recherche de solutions 

4ème voie de proposition :  

Apporter une réponse aux difficultés rencontrées dès l’école primaire 

  • en mettant en place, dès la maternelle, les interventions nécessaires à la prévention ou au traitement des difficultés, 
  • en utilisant pleinement les possibilités offertes par l’organisation par cycle pour adapter le parcours de ces élèves à leurs besoins, en tirant profit des classes à double ou triple niveau, 
  • en adaptant les programmes personnalisés d’aide et de progrès au cas particulier des élèves intellectuellement précoces. 
      

5ème voie de proposition : 

Adapter le rythme d’apprentissage aux besoins de chacun. 

  • en utilisant à bon escient la réduction d’une année de l’un des cycles primaires. 
  • en étudiant l’éventualité d’une réduction d’une année sur le cycle central du collège (principe du « collège en trois ans »), 
  • en concevant cet abrégement de la scolarité comme une « accélération » des parcours d’apprentissage et non comme une réduction de leurs contenus, 
  • en conduisant une expérimentation dans quelques collèges volontaires, sur une plus grande différenciation des rythmes d’apprentissage. 

  

6ème voie de proposition : 

Développer à l’école, comme au collège les possibilités d’enrichissement des parcours scolaires 

  • dès l’école, en réservant une part du temps pour que les élèves plus rapides puissent approfondir certaines questions ou accéder à de nouvelles connaissances, 
  • au collège, en tirant parti des nouveaux dispositifs tels que les itinéraires de découverte et les enseignements choisis prévus pour la classe de troisième pour que ces élèves puissent développer compétences et connaissances dans des domaines pour lesquels ils ont du goût ou du talent, 
  • en utilisant systématiquement les technologies modernes de l’information et de la communication pour placer l’élève en position de recherche ou d’apprentissage « au-delà des programmes », 
  • en apportant à l’élève à fort quotient intellectuel les ouvertures et approfondissements auxquels il aspire à travers les activités périscolaires, 
  • en aménageant le temps scolaire pour favoriser l’enrichissement du parcours de l’élève. 

  

7ème voie de proposition : 

Dans le second degré, accueillir les élèves à quotient intellectuel élevé. 

  • dans des classes hétérogènes encadrées par des équipes pratiquant une pédagogie innovante et différenciée. 
  • en un premier temps, en incluant dans le projet de collèges innovants et volontaires, la réponse aux besoins des élèves à quotient intellectuel élevé rencontrant des difficultés dans leur scolarité, 
  • en privilégiant dans le choix de ces collèges, les initiatives susceptibles d’être prises dans les zones d’éducation prioritaires, et plus généralement les établissements prêts à s’engager dans un projet d’accueil de toutes les formes de diversité, 
  • à terme, après évaluation des expériences conduites, en amenant chaque établissement à inclure dans son projet la prise en compte positive de toutes les différences et, entre autres, à se mettre en état d’assurer le complet épanouissement des élèves intellectuellement précoces. 
  • au niveau du lycée, en veillant à une bonne articulation entre le programme personnalisé mis en place au collège et l’accueil en classe de seconde. 

  

8ème voie de proposition : 

Former les enseignants vers une formation à la « diversité » 

  • en incluant dans les plans de formation initiale de tous les enseignants un temps de sensibilisation à la situation particulière des élèves intellectuellement précoces, 
  • en intégrant ce point dans un module plus vaste de « formation à la prise en charge de la diversité », destiné aux enseignants du premier comme du second degré et intégrant à la fois le champ traditionnel du handicap et de la difficulté et une approche plus large des facteurs de l’hétérogénéité, 
    en inscrivant cette dimension dans les plans académiques de formation continue, 
  • en introduisant la question des enfants à quotient intellectuel élevé dans la formation des enseignants spécialise (en particulier, dans la préparation du CAPSAIS-options « D, E et G ») 

​ 

9ème voie de proposition : 

Définir des stratégies globales de prise en charge des élèves manifestant des aptitudes particulières. 

La MALLETTE des  PARENTS (site Ministère Éducation Nationale) : 

Accompagner ensemble les enfants vers la réussite/Les enfants à haut potentiel  

Site de l’Education Nationale : 

https://www.education.gouv.fr/la-mallette-des-parents-au-numerique323786

Pourtant, tous les neuro atypiques (et les HPI en font partie) voient leur vie colorée de manière particulière par cette spécificité, qu’ils soient « juste » HPI, ou HPI et DYS, TDAH, TSA, etc. 

​Souvent, certains adultes se découvrent HPI par l’intermédiaire de leurs enfants, comprenant à l’occasion d’un compte-rendu qu’eux aussi sont concernés. 

 Ce peut être aussi à l’occasion de rencontres amicales, à la suggestion d’un médecin du travail, ou d’un burn-out. 

 Et s’ils consultent, s’ils se sentent si concernés, s’ils éprouvent le besoin de rejoindre une association, c’est généralement qu’il y a une série de malentendus dans leur vie

  • Le sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas être compris, de ne pas être intégré, de ne pas toujours comprendre ce qu’on attend d’eux, de ne pas savoir s’intégrer aux équipes, d’aller trop vite et trop lentement, bref d’être à côté, de susciter la défiance ou le rejet alors qu’on a d’abord été tant apprécié. 
  • L’investissement peut être sans limite quand la stimulation y est, bien au-delà de ce qui est attendu, débordant malgré soi sur les fonctions des camarades, jusqu’à l’épuisement, jusqu’au burn-out.  
  • Si l’intérêt n’y est pas, l’ennui gagne peu à peu, poussant à changer sans cesse d’emploi, jusqu’à sombrer irrémédiablement dans le burn-out. Et si les valeurs jugées importantes ne sont pas respectées, on se débat tant bien que mal dans des conflits internes qui aboutissent au burn-out. 
  • Bref, bien souvent, on finit out ! 

  • Difficile de se faire des amis, de trouver de l’intérêt dans les conversations en soirée ou lors des repas, de trouver sa place dans les associations ou les groupes. 
  • Les malentendus provoqués par cette propension à finir les phrases à la place des interlocuteurs, à leur répondre de manière trop rapide, trop complexe, d’être allé trop vite dans les raisonnements, de les perdre en quelque sorte, suscitant agacement et provoquant le rejet. 
  • Les centres d’intérêt, les traits d’humour d’un noir d’encre trop peu partagés, semblent donner le choix entre la solitude, ou l’oubli de soi dans une adaptation douloureuse. 

  • Trouver l’âme sœur s’avère au moins aussi compliqué que de trouver une paillette d’or dans un fleuve d’Amazonie. 
  • Souvent trop sensible, parfois trop peu, il paraît impossible de trouver la personne avec qui partager sereinement, hors d’une relation explosive, centres d’intérêt, convictions, débats, intensité dans l’échange, et qui ne fuira pas à la première évocation d’un questionnement cosmique sur la vie, la mort, le visible et l’invisible… jusqu’à, de guerre lasse, de compromis en compromis, se résoudre à l’ennui plutôt qu’à la solitude (ou l’inverse !). 
  • Et quand on croit l’avoir trouvé, quand, enfin, on entend dans le discours de l’autre qu’il répond de manière absolue à tout ce qu’on n’osait plus espérer, cet immense espoir, trop souvent, devient leurre, puis prison, enfer enfin dans les griffes de la perversion. 

  • La confrontation au quotidien qui paraît dévorer les âmes, cette intimité dans laquelle il est si difficile de trouver un temps pour soi, ce besoin à la fois de partage avec une « âme sœur » et de retour sur soi, de solitude, parfois nécessaire plusieurs jours de suite, 
  • Ce désir d’investissement total dans l’accompagnement des enfants sans vouloir renoncer à rien de la vie professionnelle, sociale, politique, associative, sportive, culturelle, tant d’autres choses, avec seulement 24 heures par jour,  génèrent une tension constante, démesurée, épuisante, autant physique que psychique, pourvoyeuse de stress et d’angoisse, quand elle n’aboutit pas au burn-out familial. 

Si aujourd’hui vous avez rejoint H3P, c’est que des questions se posent concernant le HPI pour vos enfants. 

​Et si vous avez ouvert l’onglet « Adultes », c’est sans doute que ces questions se posent pour vous également ! 

Il est probable que, non détecté enfant, vous ayez trouvé jusqu’ici, grâce en partie à vos capacités cognitives, des ressources pour surmonter certaines difficultés, pour « faire avec » ce malaise constant, ce sentiment d’être à côté, en décalage, pas vraiment dans votre vie, de ne pas avoir la vie à la hauteur de vos capacités, ni la reconnaissance sociale ou professionnelle qu’il vous semblerait mériter. 

 La bonne nouvelle, c’est que vous êtes au bon endroit !  

Vous trouverez à H3P :   De l’information, du conseil et du soutien 

  • Auprès de professionnels formés et expérimentés pour l’accompagnement d’adultes HPI ; de l’information également lors de conférences organisées par H3P ou des associations partenaires, consacrées spécifiquement aux adultes ; 
  • De l’information aussi lors de congrès,  colloques, rencontres, manifestations diverses dont vous aurez la connaissance dans nos actualités, des liens vers des interventions enregistrées, une véritable banque sonore et visuelle pour en savoir toujours plus ; 
  • De l’information enfin dans les livres que vous trouverez dans notre bibliographie thématique consacrée aux adultes ; 
  • De l’information générale enfin, sur le HPI et les spécificités neurodéveloppementales, que vous trouverez dans les différents onglets du site, et qui présenteront systématiquement ce qui concerne les enfants, mais aussi les adultes (repris, ou dont la présentation peut être inspirée par le DSM5 – manuel Diagnostique Statistique des troubles Mentaux version 5). 

  

Sur le plan familial : 

  • Purement conviviaux, en soirée ou à la journée, entre adultes ou en famille, juste pour le plaisir d’échanger,  de jouer,  un moment durant lequel on pourra partager le sentiment d’être  enfin « en phase »  
  • Des ateliers thématiques, où vous pourrez confronter vos expériences à celles d’autres personnes concernées par vos mêmes spécificités neurocognitives, échanger des bonnes pratiques, aborder les thématiques qui vous préoccupent à ce moment-là : familiale, professionnelle, sociale… toujours dans une ambiance conviviale, et en présence d’un médecin, d’un psychologue (ou les deux chaque fois que possible !) pour vous éclairer d’un point de vue plus professionnel chaque fois que nécessaire. 

 Des coordonnées de professionnels partenaires de l’association, ou dont la qualité nous a été garantie. 

 Par choix, par vocation, H3P est en lien avec tous les praticiens dont vous pourriez avoir besoin : médecins, psychiatres, psychologues, neuropsychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, sophrologues…tous au fait des spécificités du HPI chez l’ adulte. 

Conférences et rencontres
sur le HPI

L’association organise des conférences et événements permettant aux professionnels d’échanger, de partager leurs expériences et de développer leurs connaissances autour de la neurodiversité.

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