Le Trouble Déficit de l’Attention (TDAH)

Le haut potentiel intellectuel désigne un fonctionnement cognitif particulier qui peut influencer la manière de penser, d’apprendre et d’interagir avec les autres. Mieux comprendre ces particularités permet d’accompagner les enfants et les adultes concernés de manière plus adaptée.
TEXTE A REVOIR

Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité est défini comme «un syndrome hétérogène qui se manifeste différemment d’une personne à l’autre». Il concernerait 5,9% des enfants et 2,8% des adultes dans le monde, selon la Déclaration de consensus international de la World Federation of ADHD (mise à jour en 2023).

La représentation qu’on s’en fait est souvent celle d’un garçon qui saute partout, fait bêtise sur bêtise, épuise son entourage, sème ses affaires sur son chemin et oublie tout partout.

Cet enfant hyperactif existe, vous en connaissez sûrement, mais il ne représente pas tous les TDAH, loin de là ! Ce trouble concerne tout autant les filles que les garçons, les femmes que les hommes, sans distinction de niveau intellectuel ou de classe sociale, mais il va se manifester différemment d’une personne à l’autre.

Le DSM5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) décrit le TDAH selon trois modes :  

  • un mode persistant d’inattention dominant,  
  • un mode persistant d’hyperactivité-impulsivité,  
  • enfin un mode combiné, où les deux modes précédents s’avèrent élevés.  

On parle de mode persistant pour prendre en compte le fait que les symptômes suivants (voir ci-dessous) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui ne correspond pas au niveau de développement et qui a directement des conséquences négatives sur les activités sociales et académiques/professionnelles » 

  • Souvent ne parvient pas à prêter attention aux détails ou fait des fautes d’étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d’autres activités (ex : néglige ou oubli des détails, le travail n’est pas précis). 
  • A souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux ( ex : a du mal à rester concentré durant un cours, une conversation, la lecture d’un texte long). 
  • Semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement (ex : leur esprit paraît ailleurs, même en l’absence d’une distraction manifeste). 
  • Souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (ex : commence le travail mais perd vite le fil et est facilement distrait). 
  • A souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités (ex : difficultés à gérer des tâches séquentielles ; difficultés à conserver ses outils et ses affaires personnelles en ordre ; complique et désorganise le travail ; gère mal le temps ; ne respecte pas les délais fixés). 
  • Souvent évite, a en aversion, ou fait à contre-cœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (ex : le travail scolaire ou les devoirs à la maison ; pour les adolescents et les adultes, préparation de rapports, formulaires à remplir, revoir un long article). 
  • Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (matériel scolaire, crayons, livres, outils, portefeuille, clés, papiers, lunettes, téléphone mobile). 
  • Souvent se laisse facilement distraire par des stimuli externes (pour les adolescents et les adultes, cela peut inclure passer du « coq à l’âne »). 
  • A des oublis fréquents dans la vie quotidienne (ex : faire les corvées, les courses ; pour les adolescents et les adultes, répondre à ses appels, payer ses factures, respecter ses rendez-vous). 

  • Remue souvent les mains ou les pieds ou se tortille sur son siège. 
  • Se lève souvent en classe ou dans d’autres situations où il est supposé rester assis (ex : se lève de sa place en classe, au bureau ou à son travail, ou dans d’autres situation qui nécessitent de rester assis). 
  • Souvent, court ou grimpe partout, dans les situations où cela est inapproprié (remarque : chez les adolescents ou les adultes, cela peut se limiter à un sentiment d’agitation). 
  • A souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir. 
  • Est souvent « sur la brèche » ou agit souvent comme s’il était « monté sur ressorts » (ex : incapable ou inconfortable de se tenir immobile pendant un long moment, comme dans les restaurants, les réunions ; peut être perçu par les autres comme agité, ou comme difficile à suivre). 
  • Souvent, parle trop. 
  • Laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée (ex : termine la phrase de leurs interlocuteurs ; ne peut attendre son tour dans une conversation). 
  • A souvent du mal à attendre son tour (ex : lorsque l’on fait la queue) 
  • Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (ex : fait irruption dans les conversations, les jeux ou les activités ; peut commencer à utiliser les biens d’autrui, sans demander ou recevoir leur autorisation ; pour les adolescents et les adultes, peut s’immiscer ou s’imposer et reprendre ce que d’autres font). 

On conclura qu’une personne peut être concernée si elle manifeste six symptômes ou plus d’inattention et/ou d’hyperactivité/impulsivité (cinq pour les adultes). On pourra par exemple constater huit symptômes attentionnels et quatre pour l’hyperactivité, auquel cas on parlera de TDAH à dominante attentionnelle, ou l’inverse pour un trouble à dominante hyperactive-impulsive. Pour une personne présentant plus de six symptômes dans les deux cas, on parlera de mode combiné. Plus le nombre de symptômes, et donc les gênes occasionnées dans la vie quotidienne sera élevé, plus le trouble sera considéré comme sévère. On parlera donc de TDAH léger, modéré ou sévère.  

Seul un médecin spécialisé (psychiatre, pédopsychiatre, neurologue, médecin généraliste ayant bénéficié de formations spécifiques) peut poser un diagnostic. 

 Il s’appuiera éventuellement sur des éléments de bilans émanant d’un neuropsychologue ou d’un psychologue formé mais un diagnostic est, par définition, toujours médical en France (il en va autrement dans d’autres pays, comme le Canada par exemple). 

Il faut rappeler que le diagnostic du TDAH est avant tout un diagnostic clinique. 

Quiconque, non-médecin, vous proposant un diagnostic, doit éveiller votre vigilance.   

Le médecin formé aux différences neurodéveloppementales saura également s’assurer qu’il s’agit bien d’un TDAH, et ni d’une difficulté éducative, ni d’un autre trouble accompagné parfois de symptômes attentionnels (les TSA (Troubles dans le Spectre de l’Autisme) par exemple, ou les troubles bipolaires peuvent fréquemment s’accompagner de symptômes évoquant un TDAH).  

Outre leur expérience, les professionnels pourront s’appuyer sur le DSM5-Diagnostics Différentiels, une mine pour les praticiens, une belle illustration pour les profanes de la difficulté et de l’expertise nécessaire pour un bon diagnostic différentiel.  contenu Diagnostic

On peut très bien vivre avec un TDAH modéré si l’environnement dans lequel on évolue permet de bien s’en accommoder, cela peut même représenter un avantage dans certaines circonstances.  

A la suite du diagnostic de TDAH, une intervention thérapeutique sera nécessaire uniquement lorsqu’il existe une souffrance et un retentissement dans la vie quotidienne – que ce soit dans son apprentissage scolaire/vie professionnelle, ses relations sociales et/ou sa vie quotidienne. Le traitement qui pourra être mis en place dépend de la sévérité du handicap réel. 

Plus l’intervention est précoce, plus elle permet de prévenir une aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales chez l’enfant, voire l’apparition de certains troubles associés. 

Quelle que soit la sévérité du TDAH, la prise en charge non médicamenteuse est primordiale, elle comprend différentes mesures psychologiques, éducatives et sociales. 

Si le handicap est plus sévère, un traitement médicamenteux peut être mis en place , à partir de 6 ans (sauf exception).  contenu Traitements

En France, le méthylphénidate (ou plus précisément chlorhydrate de méthylphénidate) est le seul médicament disponible à ce jour et indiqué pour le traitement du TDAH. 

Il est commercialisé sous différents noms commerciaux ( Ritaline®, Concerta® Medikinet®, et Quasym® ) et différents dosages. 

 Il est recommandé de l’associer systématiquement à des mesures non médicamenteuses. 

Le méthylphénidate est un traitement inscrit sur la liste des stupéfiants, sa prescription est donc très encadrée en France. 

  • L’initiation et le renouvellement annuel d’un traitement par méthylphénidate nécessitent une prescription par un médecin spécialisé : neurologue, psychiatre ou pédiatre.  
  • Cette prescription a une validité d’un an et s’effectue sur une ordonnance sécurisée.  
  • Durant cette période, tout médecin peut renouveler la prescription et modifier la posologie si nécessaire.  
  • L’ordonnance initiale et l’ordonnance de renouvellement doivent être systématiquement présentées ensemble au pharmacien qui délivrera le méthylphénidate par période de 28 jours maximum. 

Le méthylphénidate est connu pour ces effets bénéfiques sur le TDAH depuis 1944 et approuvé aux Etats Unis depuis 1961.   

En France, il est disponible depuis 1995 dans la prise en charge du TDAH.  

Son utilisation en France reste très limitée comparée à d’autres pays européens ou à l’Amérique du Nord, dans lesquels elle est estimée selon les pays de 7 à 48 fois plus élevée qu’en France. 

Le méthylphénidate est dérivé de l’amphétamine qui est un psychostimulant mais il a un effet paradoxal d’apaisement. 

Le méthylphénidate est efficace sur tous les troubles associés au TDAH ( conduite, obésité, estime de soi, conduite à risques..).  

Ainsi, il améliore significativement la qualité de vie à la maison, à l’école, dans la vie professionnelle et dans la vie sociale et personnelle.  

Par exemple, on est plus concentré et moins émotionnel. 

Le méthylphénidate est le seul médicament en psychiatrie qui a une telle efficacité et une si bonne tolérance.  

Il est bien mieux toléré que les antidépresseurs et somnifères par exemple. 

Mais comme tous les médicaments, il peut présenter des effets indésirables qui seront surveillés de près lors des consultations mensuelles de renouvellement d’ordonnance.  

Il peut être proposé de suspendre le traitement pendant les week-ends et les vacances afin de réduire les effets secondaires.  

Le traitement rend fou  : les études montrent que le méthylphénidate ne déclenche pas de psychose . 

Le traitement ralentit la croissance  : les personnes avec un TDAH sont en effet plus petites d’1cm en moyenne. Le TDAH lui-même pourrait être responsable.  

Le traitement rend suicidaire  : au contraire, il est démontré qu’il diminue les comportements suicidaires, à risques, les abus de substances et la criminalité… 

Il existe aujourd’hui un consensus international (voir référence plus haut) pour considérer qu’en chercher une cause unique, génétique ou environnementale, ne permettrait pas de cerner les causes de l’apparition du trouble.  

Même si « les associations entre les facteurs environnementaux et l’apparition du TDAH ont atteint un niveau de preuve très élevé, il est possible que les associations soient dues à une corrélation entre des effets génétiques et environnementaux ».  

On sait aujourd’hui que le TDAH est héréditaire, c’est-à-dire que les gènes influent fortement sur le développement de ce trouble.  

On sait aussi qu’il n’y a pas un gène du TDAH, mais une combinaison de gènes qui va favoriser l’apparition de ce trouble, combinaison qui reste à déterminer à ce jour.  

En conséquence, un parent atteint de TDAH aura probablement un ou plusieurs enfants potentiellement atteints ; de la même manière, un enfant atteint de TDAH partagera probablement cette particularité avec un de ses frères ou sœurs.  

L’influence génétique influera pour 75% dans l’apparition du trouble.  

Certains facteurs environnementaux tels que des complications, la consommation de tabac, d’alcool, l’exposition au stress pendant la grossesse semblent également contribuer à l’apparition du TDAH pour 10 à 25 % des cas.  

Enfin, les facteurs environnementaux partagés (environnement lié au lieu d’habitation par exemple) ne paraissent contribuer que très peu au développement du TDAH. contenu Causes

Si la dominante de ce trouble est attentionnelle, on aura par exemple : 

  • Un enfant « dans la lune », souvent perdu dans ses pensées, même quand il doit faire ses devoirs, et on pense qu’il ne fait pas d’effort.  
  • On lui demande d’aller se brosser les dents, et on le retrouve un moment plus tard dans la salle de bains, l’eau du lavabo coulant, plongé dans une histoire avec un jouet ou dans un livre.  
  • On lui parle, on lui demande de venir à table ou de mettre ses chaussures pour sortir, et littéralement, la plupart du temps, il ne vous entend pas !  
  • A l’école, on lui reproche de ne pas écouter, de ne pas faire d’efforts, de ne pas assez participer alors qu’il parait en avoir les capacités…
  • Si la dominante de ce trouble est l’hyperactivité : 
  • Beaucoup, fille ou garçon, trouveront le moyen de réfréner leur hyperactivité, ou masquer leur difficulté attentionnelle, d’autant mieux si de bonnes capacités cognitives leur apportent plus de ressources.  Cet effort énorme de contrôle en classe se paie à la maison : besoin frénétique de courir ou de parler, agitation, énervement, crises démesurées pour la moindre contrariété, et des parents épuisés qui ne comprennent pas : comment cet enfant, si parfait à l’école ou au collège, ou chez les camarades qui l’invitent, peut-il être si infernal à la maison ? 
  • Souvent, les filles chercheront plus que les garçons à s’adapter au mieux à leur environnement, et réussiront à se montrer attentives en classe, réfrèneront leurs envies de bouger (qui ne s’exprimeront que par des bavardages un peu trop fréquents), et réussiront à faire ce qu’on attend d’elles au prix d’un temps démesuré pour effectuer le travail à la maison, luttant sans cesse contre leurs fluctuations attentionnelles.  
  • Cela peut évidemment concerner aussi les garçons, moins fréquemment cependant, les symptômes s’avérant souvent plus manifestes que chez les filles.  
  • Mais masquer ces difficultés sera de plus en plus difficile au fur et à mesure où la complexité des savoirs à intégrer augmentera, où le travail demandé sera plus exigeant.  

On constate fréquemment des moments clés dans la scolarité, où les difficultés ne peuvent plus être masquées, et mettent les jeunes gens en difficulté manifeste :  

  • à l’entrée au collège, avec les changements de salle et d’enseignant à chaque cours, l’énergie nécessaire à ces adaptations constantes générant pour tous les enfants un surplus de fatigue, qui se surajoute à celle dépensée pour compenser le trouble ;  
  • en classe de quatrième, où il est demandé, en plus de réponses justes, d’expliquer le raisonnement, qu’on n’a pas suivi ou entendu en cours, ni bien intégré de par les difficultés de travail à la maison ;  
  • à l’entrée au lycée, la masse d’information et de travail nécessitant une attention bien plus soutenue en cours, d’autant plus qu’il est souvent demandé de prendre des notes à la volée ; le travail à la maison demande de l’organisation, de la méthode, de la constance, toutes choses manquant souvent aux TDAH ;  
  • l’année du baccalauréat, pour l’organisation des révisions, à quoi s’ajoute la pression de Parcoursup, générant un stress cristallisant les angoisses sous-jacentes surmontées jusqu’ici, et consommant une masse d’énergie qui n’est plus disponible pour mobiliser au mieux des capacités de contrôle attentionnel et comportemental toujours incertaines ;  
  • <== en début d’études supérieures :  
  • les classes prépa par la masse de travail qu’elles représentent, le doute qu’elles instillent par une inévitable chute des notes dans un premier temps, générant une angoisse paralysante, souvent accompagnée d’un terrible syndrome de l’imposteur, et par la crainte de décevoir son entourage ;  
  • les études universitaires dans lesquelles, livré à soi-même, on doit s’imposer son propre cadre, ses propres méthodes, ses propres échéances, fixés jusqu’ici par les enseignants, discipline d’autant plus difficile à s’appliquer que les sollicitations sont nombreuses, les sorties et les soirées tellement plus attrayantes que l’austère travail qu’il faudrait faire, la procrastination prenant une ampleur démesurée, génératrice d’angoisse, d’échec aux examens, de déception pour son entourage là aussi.

Pour les plus grands ou les adultes, les manifestations seront différentes.  

On a appris à s’adapter au fil du temps, inattention ou hyperactivité se manifestent de manière différente :  

  • Sur le versant attentionnel : 
  • ou bien on doit tout noter pour tenter de ne rien oublier, inondant sa chambre, son bureau ou le frigo d’un chapelet sans fin de post-it,  
  • on multiplie les listes qu’on ne suit pas longtemps (et pour les plus soucieux, pour espérer ne pas se perdre, on établit des listes de listes !),  
  • on parait absent, ailleurs, ne pas écouter quand on nous parle,  
  • on ne peut travailler que de manière désordonnée, commençant tout sans rien terminer, procrastiner très longtemps pour boucler une révision, un devoir ou un travail dans l’urgence absolue au prix de deux ou trois nuits blanches,  
  • on passe son temps à chercher ses clés, son porte-monnaie, son livre, son cahier, on appelle ou reçoit l’appel d’amis chez qui on a oublié sa veste, son étui à lunettes, on visite régulièrement les objets trouvés, espérant y retrouver le sac oublié dans un bus… 
  • Sur le versant hyperactif / impulsif : 
  • lors de cours, de réunions, de repas de famille, dans un restaurant, on ne peut empêcher nos jambes de s’agiter frénétiquement sous les tables, en contradiction totale avec l’apparence calme et posée que le haut du corps cherche à montrer… 
  • on s’agite constamment en tous sens, on ne peut rester une heure dans un cours ou une réunion sans besoin de se lever, sortir (soi-disant pour aller aux toilettes ou toute autre raison ), pianoter sur son téléphone… 
  • on adopte parfois des conduites à risques pour extérioriser cette énergie ou tenter de calmer cette tension permanente : sports extrêmes, conduite automobile dangereuse, usages d’alcool ou de substances pouvant aller jusqu’à l’addiction… 
  • On noue ou dénoue de manière brusque des relations sans qu’elles s’installent dans la durée, on parle trop et/ou trop vite, multipliant les malentendus ou les tensions inutiles 
  • On lasse son entourage de discours incessants, d’interventions impromptues dans des discussions qui ne nous concernent pas,  
  • on lasse ses collègues de passer sans cesse d’un sujet à l’autre, du désordre qu’on leur fait subir, 
  • On est partout en même temps, envahissant dans des réunions, incapables de s’abstenir d’intervenir sur tout, tout le temps… 

Vous vous pensez concerné ? Ces petites saynètes évoquent vos enfants ? N’hésitez pas à nous contacter, nous répondrons à toutes vos questions ! 

Certains TND comme, par exemple, une forte dyslexie, une dyscalculie ou une dyspraxie sévère vont fréquemment pouvoir se repérer dès les premiers pas à l’école.  

D’autres seront plus difficiles à percevoir, surtout si leur manifestation ne correspond pas tout-à-fait à la représentation qu’on s’en fait.  

C’est fréquemment le cas du TDAH . 

On entend souvent dire d’un enfant qu’il ne peut pas être TDAH, puisqu’il se tient tranquille en classe, et qu’il a de bons résultats.  

On s’en fait plutôt la représentation d’un garçon qui saute partout, parle tout le temps, ne peut tenir en place, perturbe les cours, empêche ses camarades de suivre, casse tout pendant les récréations, etc.  

Ce garçon existe, et il arrive même que ce soit une fille !  

Pourtant, ce type de comportement très visible ne représente qu’une petite partie des enfants concernés par un TDAH.  

Plusieurs autres indices peuvent alerter et inviter à en discuter avec les parents. 

Attention cependant à ne pas perdre de vue qu’un seul indice ne fait pas un coupable !  

Il en faudra plusieurs qui, mis bout à bout, nous aideront d’abord, parents et enseignants, à penser pertinent une orientation vers un ou des professionnels spécialisés !  

En classe, nous pouvons être alertés sur trois niveaux : celui de l’attention, de l’hyperactivité, et de l’impulsivité.

Oublie de lire certaines consignes, ou ne voit pas les questions au dos d’une feuille ;  

Commet des erreurs d’étourderie, sauf s’il a la possibilité de travailler très lentement ;  

Besoin de temps pour aller au bout de tâches minutieuses ;  

Se montre facilement distrait par des stimuli extérieurs, des camarades ;  

Parait rêveur, préoccupé, dans la lune ;  

Pose des questions sur un sujet qu’on vient d’aborder, ou l’a oublié ; 

Change de sujet en cours de route ;  

On doit d’abord établir un contact visuel pour qu’il écoute ;  

Chaque étape d’une consigne doit lui être rappelé en cours d’exécution pour qu’il n’oublie pas ;  

Commence les exercices et ne les termine pas, se perd en route ;  

A besoin d’être très cadré pour aller au bout ; dans le cas contraire, n’arrive pas à respecter les dates limites ;  

Bâcle ou fait mal ou ne fait pas ses devoirs, leçons insuffisamment sues ;  

Utilise mal ou pas son agenda ;  

Gestion du temps problématique pour les devoirs surveillés ;  

Perd ses papiers, ses affaires, perd beaucoup de temps à les chercher ;  

Evite la lecture, tout ce qui demande un effort soutenu ;  

A du mal à filtrer ou sélectionner les informations ;  

Utilise des listes de manière très rigide pour ne rien oublier. 

A du mal à rester assis immobile, se lève souvent en classe ;  

Tapote avec un crayon, tripote ses cheveux, ronge ses ongles, etc. 

Préfère marcher plutôt que rester assis ;  

Court plutôt que de marcher ;  

Grimpe sur les murs, les meubles, les arbres ;  

Ne se détend jamais vraiment ;  

Parle pendant les jeux, en classe, pendant les activités, se met en scène, a du mal à faire les activités en silence ; 

Trop plein d’énergie de manière générale ;

Parle continuellement, moulin à parole, incapable de se retenir ;  

Ne laisse pas aux autres la possibilité d’intervenir pendant une discussion ; 

Besoin de beaucoup de mots pour dire quelque chose ;  

Veut toujours être le premier à répondre en classe ; 

Lâche une réponse même si elle est fausse ;  

Manque de tact ;  

Termine les phrases des autres ;  

Difficile d’attendre son tour en classe, ou coupe la file ; 

Toujours le premier à parler ou agir ;  

S’immisce dans les jeux des autres ;  

Interrompt les conversations ;  

A du mal à respecter l’espace des autres ;  

A une opinion sur tout et la donne sur le champ.  

Gardons bien présent à l’esprit qu’un indice ne fera pas le coupable mais l’accumulation de manifestations dans le domaine attentionnel, ou dans celui de l’hyperactivité/impulsivité, ou dans les deux combinés doit vous alerter.  

Dans un premier temps en parler avec les parents. 

S’il s’agit bien d’un TDAH, il est très probable que les mêmes difficultés soient présentes à la maison aussi.  

Puis orienter les parents vers une démarche diagnostic. 

 Pour les plus jeunes, la Plateforme de Coordination et d’Information (PCO) sera le meilleur interlocuteur pour enclencher un diagnostic, et juger de l’opportunité d’un parcours de soins.  

Pour les plus de douze ans, le médecin traitant s’il est informé sur les TND, ou un médecin spécialisé pourront constituer un bon point de départ.  

Dans tous les cas, des actions sont possibles dans la classe pour aider l’enfant :  

  • d’abord et avant toute chose le rassurer sur le fait qu’on a bien compris qu’il a une difficulté, qu’on ne pense pas qu’il en soit responsable, et qu’on va l’aider à la surmonter au quotidien ; ce préambule parait nécessaire pour qu’il ne prenne pas les aménagements qu’on va lui proposer comme une punition, mais bien comme une aide pour surmonter ses difficultés.  

Puis, suivant la situation :  

  • Le placer dans la classe de manière à éviter au mieux les perturbations visuelles ou sonores,  
  • solliciter son regard avant de s’adresser à lui,  
  • accepter qu’il manipule discrètement un fidget pendant les cours,  
  • le solliciter chaque fois que possible pour distribuer des feuilles, effacer le tableau, tout ce qui lui donnera l’autorisation de bouger sans perturber la classe,  
  • accepter qu’il bouge les jambes tant que cela ne dérange pas,  
  • veiller à ce qu’il note ce qui doit être noté,  
  • demander à un élève avec lequel il s’entend bien de l’aider à noter les devoirs ou les messages pour les parents, 
  • etc.  

Si les problèmes se manifestent uniquement à l’école, il est possible que l’enfant manifeste ainsi de l’ennui ; dans ce cas une évaluation cognitive (WISC) pourrait être à envisager.  

S’il en ressort des résultats élevés, se reporter aux données sur le HPI.

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