Qu’est-ce qu’un trouble dys ? 

Les troubles « DYS » sont des troubles durables du neurodéveloppement qui affectent certaines capacités d’apprentissage, comme la lecture, l’écriture, l’orthographe, le calcul ou la coordination des mouvements.
Ils apparaissent généralement pendant l’enfance et peuvent persister à l’âge adulte. Ils ne sont pas liés à un manque d’intelligence, de motivation ou de travail.
Les troubles dys font partie des troubles du neurodéveloppement.

Les troubles « Dys » sont des troubles cognitifs durables qui peuvent être plus ou moins sévères, selon les cas. Certains vont affecter les apprentissages précoces, tels que le langage ou encore les gestes (versant inné). D’autres affecteront les apprentissages scolaires (versant acquis) : c’est ce qu’on appelle les troubles spécifiques des apprentissages. 

Les troubles « Dys » font partie des troubles du neurodéveloppement. 

Source : Le cerveau et les apprentissages _ Olivier HOUDE et Grégoire BORST / Editions Nathan

Les troubles dys font partie des troubles du neurodéveloppement, au même titre que l’autisme, le TDAH, le trouble du développement intellectuel et les troubles moteurs. 

Les troubles dys perturbent la maîtrise du geste, du langage oral/écrit, de la lecture, de l’écriture et du calcul. 

Ces troubles, liés à un développement particulier du cerveau dès sa formation in-utéro, persistent à divers degrés toute la vie.  

Dans les classifications internationales (DSM-5 et CIM11), ils apparaissent dans les troubles neurodéveloppementaux. 

Les troubles dys désignent un ensemble de troubles cognitifs spécifiques  qui affectent certaines fonctions comme le langage, la lecture, l’écriture, la coordination…  

Ils apparaissent dès l’enfance et sont durables.  

Ils ne sont pas liés à un trouble du développement intellectuel, à un problème éducatif ou à des méthodes pédagogiques inappropriées. 

Ils concernent environ 5 à 15 % des enfants d’une même classe d’âge, avec parfois plusieurs troubles présents chez une même personne. 

Les troubles dys se répartissent ainsi : 

  • Dyslexie / trouble spécifique de la lecture : qui rend la reconnaissance des mots et la compréhension des textes difficiles. 
  • Dysorthographie : trouble affectant l’orthographe et la transcription écrite, souvent associé à la dyslexie. 
  • Dysgraphie : difficultés liées au geste d’écriture, qui devient lent, douloureux ou peu lisible. 
  • Dyscalculie / trouble spécifique des apprentissages en mathématiques : qui affecte le sens des nombres et le calcul. 
  • Dyspraxie / Trouble développemental de la coordination : trouble affectant la planification et la coordination des gestes, impactant l’écriture, la motricité fine et certaines activités quotidiennes. 
  • Dysphasie / Trouble développemental du langage : trouble du développement du langage oral, avec des difficultés d’expression et/ou de compréhension 

Le repérage précoce est essentiel.  

Le repérage peut se faire grâce à des  signes d’alerte ( on pourra orienter sur le bouton signes d’alerte de la bannière ) à l’école ou à la maison, comme des difficultés persistantes en lecture, en motricité ou dans l’organisation. 

Le diagnostic est clinique et repose sur une évaluation pluridisciplinaire et des bilans fonctionnels. 

L’enfant ou l’adulte doit être bilanté par des professionnels de santé formés, tels que : 

  • Orthophoniste pour le langage oral et écrit et le calcul 
  • Psychomotricien ou ergothérapeute pour la motricité 
  • Neuropsychologue pour l’attention, les fonctions mnésiques ou visuo-spatiales 

Pour rappel, le ou les diagnostic (s) ne sera (seront) posé(s) que par un médecin tel que psychiatre, neuropsychiatre ou pédiatre ou encore médecin généraliste formé. 

Il prescrit les bilans remboursés par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et oriente vers les professionnels amenés à intervenir dans le diagnostic.

Il peut s’appuyer dans cette démarche sur la Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO, de 0-12 ans) de son secteur. 

          Michel Habib, juin 2024 

Différents troubles de l’apprentissage se manifestent chez des enfants qui ont une intelligence et un environnement social adéquat, et ne présentent pas de problèmes sensoriels (vue, audition), psychiatriques ou neurologiques identifiables. 

Ces enfants éprouvent des difficultés à apprendre à lire, à écrire, à orthographier, à calculer, à s’exprimer ou encore à se concentrer. 

Les troubles spécifiques des apprentissages comprennent (selon la classification internationale DSM‑5) : 

  • le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture  (communément nommée dyslexie )  
  • le trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite  (dysorthographie) 
  • le trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul  (dyscalculie) 

Ces troubles sont associés au :  

  • trouble du langage oral (dysphasie) 
  • trouble développemental de la coordination (dyspraxie), incluant certaine forme de dysgraphie (trouble de l’écriture) 

Dyslexie/ dysorthographie  : 5 à 8% des enfants d’âge scolaire 

Dyspraxie:                                             6%             ‘’                   ‘’ 

Dysphasie:                                            2%            ‘’                    ‘’ 

Dyscalculie :                                         5%           ‘’                      ‘’ 

40 % des enfants dits “dys” présentent plusieurs troubles d’apprentissage à la fois. 

Par exemple : les troubles de l’apprentissage avec déficit en lecture sont souvent associés à un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité.  

Michel Habib, Le génie des Dys, Auxerre, Editions Sciences Humaines, 2023, p156 

https://maisondelautisme.gouv.fr/fiches-pratiques-autisme/troubles-dys

Le trouble développemental de la parole et du langage est caractérisé par des difficultés à comprendre ou à produire la parole et le langage, ou à utiliser le langage en contexte pour communiquer. 

Les troubles sévères du développement du langage sont communément appelés dysphasies. 

Ils se manifestent par des difficultés dans la production (expression) et la réception (compréhension) du langage, dans les domaines de la phonologie (sons de la parole), du lexique (vocabulaire), de la syntaxe (grammaire) et/ou de la pragmatique (usage en contexte). 

Difficulté à l’oral face à l’abstrait, incompréhension de la pragmatique de la langue (humour, langage implicite). 

Difficulté à distinguer le détail de l’essentiel, difficultés à mémoriser toute information verbale qui ne sera pas appuyée avec un support plus visuel. 

 Difficultés syntaxiques et/ou phonologiques et/ou lexicales 

 Difficulté à organiser un discours… 

C’est un trouble durable qui entrave le développement de la personne aux niveaux social, scolaire et professionnel. 

Ce trouble concerne environ 2% des enfants. Les garçons sont beaucoup plus touchés que les filles

  • Favoriser la routine scolaire, afin de créer un automatisme chez l’élève et une concentration sur le contenu.  
  • Prévenir de tout changement dans la routine. 
  • Veiller à un environnement tranquille lors d’exercices de compréhension orale. 
  • Donner des consignes courtes et claires : en ralentissant le débit verbal, en utilisant des gestes et un support visuel (présentation claire et espacée avec images, pictogrammes, mots-clés…). 
  • Séquencer les consignes écrites par des phrases courtes et simples, si possible en utilisant des codes couleur contrastants, pour un travail aux multiples tâches, afin de renforcer la compréhension de l’élève. 
  • Inciter l’élève à pratiquer l’auto-verbalisation : réexpliquer ce qui est compris, commenter ce qui est fait, reformuler ce qui a été dit. 

Le trouble développemental de la coordination ou dyspraxie est un trouble qui rend difficiles les gestes du quotidien, surtout ceux qui demandent précision et organisation, comme écrire, s’habiller ou utiliser des objets. 

Les personnes dyspraxiques peuvent avoir des difficultés avec : 

  • ✍️ L’écriture (écriture lente, illisible, fatigante)  
  • 👕 Les gestes du quotidien (boutonner, faire ses lacets)  
  • 🧩 L’organisation des mouvements  
  • 🧭 L’orientation dans l’espace  
  • 🏃 La coordination (attraper un ballon, faire du sport)  
  • 📚 Certaines tâches scolaires (géométrie, dessin, découpage) 

La dyspraxie n’est pas liée à l’intelligence. Une personne dyspraxique peut avoir des capacités intellectuelles normales ou élevées. 

La dyspraxie est présente dès l’enfance, mais elle est souvent repérée : 

  • à l’école maternelle ou primaire  
  • quand l’enfant a du mal avec les activités motrices ou graphiques  
  •  lorsque l’écriture devient difficile  
  • Elle peut persister à l’adolescence et à l’âge adulte, mais avec des stratégies adaptées, les difficultés peuvent être mieux compensées. 

La cause exacte n’est pas toujours connue, mais la dyspraxie est liée à : 

  • un fonctionnement différent du cerveau  
  • des difficultés dans les zones qui planifient les gestes  
  • parfois associée à d’autres troubles (ex. Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, troubles visuo-spatiaux, dyslexie) 

🧑‍⚕️ ergothérapie  

👓 orthoptie (si troubles visuels associés)  

✍️ adaptations scolaires (ordinateur, temps supplémentaire)  

 🧠 accompagnement spécialisé selon les besoins 

Les signes qui peuvent alerter, en fonction de l’âge de l’enfant  :

QUAND S’INQUIÉTER ?
SIGNES D’APPEL
AVANT 3 ANSquel que soit le contexte
à 18 mois
  • Pas de mot.
  • Pas de compréhension de consignes simples.
  • Absence de babillage.
à 24 mois
  • Langage très pauvre.
  • Pas d’association de mots.
  • N’a pas l’air de bien comprendre alors qu’il communique bien (regard, gestes, etc.).
  • Compréhension altérée.
À 3 ANS et aprèssi plainte isolée sur le langage oral
3 ans / 4 ans et demi
Si critère de sévérité :
  • Pas de langage intelligible pour les personnes non proches (les parents ou la fratrie peuvent parfois comprendre) ;
  • pas de phrase constituée (verbe, complément ou sujet-verbe) ;
  • compréhension altérée.
4 ans et demi / 5 ans
Si langage insuffisant mais sans signe de gravité.

QUAND S’INQUIÉTER ?
SIGNES D’APPEL
2e trimestre du CP
Critères de sévérité
  • persistance de difficultés du langage oral ;
  • ne fait pas le lien entre le(s) signe(s) écrit (graphème(s)) et le son qu’il(s) symbolise(nt) (phonème) et vice versa ;
  • ne rentre pas dans la lecture des syllabes simples ou fait de nombreuses erreurs.
Difficulté moins sévère.
3e trimestre du CP
  • Difficultés persistantes au 3e trimestre, surtout si pas ou peu de progrès avec l’intervention pédagogique.
CE1
  • Toute difficulté scolaire persistante :
    • lecture anormalement lente ou imprécise ou n’amenant pas à une compréhension du message écrit ;
    • écriture illisible avec des erreurs phonétiques fréquentes.
  • Tout refus de lire/aller à l’école ou autre plainte somatique.
  • Si le déficit est modéré et/ou ne touche qu’une seule compétence.
  • Toute persistance du déficit d’une de ces compétences malgré le soutien pédagogique à l’issue de 3-4 mois d’intervention pédagogique, aide aux devoirs, famille.
CE2 et après
  • Scores insuffisants à un test étalonné de lecture et d’orthographe.
  • Élève en difficulté : échec vis-à-vis de la lecture, erreurs de déchiffrement ou lenteur de la lecture, difficultés pour retenir les mots d’usage courant, les principales règles d’accord, segmenter les mots.
  • Déchiffrage lent, laborieux, gêné par des erreurs entre des lettres et/ou des groupes de lettres.
6e
  • Difficultés de lecture, lenteur ++++ entravant parfois l’accès au sens, troubles de l’orthographe.

Quand s’inquiéter ?
Signes d’appel
Grande section de maternelle
  • L’élève a des difficultés d’accès au symbole.
  • L’élève n’acquiert pas la chaîne numérique orale et fait beaucoup d’erreurs dans son comptage.
  • L’élève a des difficultés à dénombrer une collection d’objets en pointant du doigt un ensemble d’éléments.
Primaire
  • Vérifier les acquisitions lors des grandes étapes du développement du nombre et calcul.
  • Toute difficulté persistante sur le nombre ou le calcul, surtout si trouble associé du langage oral, langage écrit ou praxie, ou antécédents familiaux/personnels.

Quand s’inquiéter ?
Signes d’appel
Dans la vie courante
  • Désintérêt voire refus des jeux faisant appel à la construction, au dessin, qui sont malhabiles mais aussi les jeux moteurs : vélo, courses, jeux collectifs.
  • Difficultés pour tous les gestes de la vie quotidienne : habillage, toilette, repas, etc.
En moyenne et grande section de maternelle
  • Difficultés dans le graphisme : tracer les lettres, colorier, ne peut tracer un carré en fin de moyenne section ou un triangle en grande section. N’écrit pas son nom de façon lisible en fin de GSM.
  • Difficultés à coller, à découper.
  • Dessin pauvre, mal structuré, peu varié dans ses formes et ses couleurs, contrastant avec la construction du récit qu’il en fait, la vivacité d’esprit.
  • Ne se prépare pas seul pour aller en récréation (ex. attacher son manteau), ou aller/sortir des toilettes (se rhabiller, se laver les mains), difficultés pour se moucher, mettre ses gants.
  • Chutes fréquentes.
  • Aspect brouillon, maladroit, peu soigné du travail.
  • Manque d’aisance en motricité globale, malhabileté dans les activités de motricité fine.
  • Difficultés de repérage et d’orientation dans le temps et/ou dans l’espace.
Fin CP-CE1 et après
  • Difficultés graphiques et calligraphiques (copie de figures, respect de la forme des lettres, reproduction de trajectoire, irrégularité de dimension, lenteur).
  • Difficultés pour tous les gestes de la vie quotidienne : habillage, toilette, repas, etc.
  • Difficultés d’organisation du matériel scolaire.
  • Mauvaise manipulation des outils : règle, ciseaux, compas, etc.
  • Difficulté à accélérer la réalisation de gestes préalablement appris.
  • Difficultés de repérage spatial ; tableau à double entrée, cartes de géographie.

Source : HAS Haute Autorité de santé   

Tous ces signes d’alerte doivent amener à consulter les professionnels adaptés. 

  • En cas de retard d’acquisition du langage oral, après avoir vérifié l’audition de l’enfant auprès d’un médecin ORL, il est nécessaire de consulter une orthophoniste. 
  • En cas de retard d’apprentissage du langage écrit et en cas de difficultés d’apprentissage du calcul, après avoir vérifié la vue auprès d’un médecin ophtalmologiste ou d’un orthoptiste et l’audition auprès d’un médecin ORL, il est nécessaire de consulter une orthophoniste. 
  • En cas de difficultés d’acquisition des coordinations et des praxies il est nécessaire de consulter un psychomotricien ou un ergothérapeute (vous serez orienté par votre médecin ou le pédiatre de votre enfant en fonction de sa problématique et de son âge). 

Ou encore

A. 9 ans 
H. 10 ans 

NE PAS OUBLIER QUE LES ENFANTS OU ADULTES ATTEINTS DE  CES TROUBLES LE VIVENT AU QUOTIDIEN. 

Un repérage puis une prise en charge précoces permettent de rééduquer, d’adapter et de mettre en place des stratégies de compensation et si nécessaire des aménagements à l’école ou au travail permettant aux enfants et adultes de mieux vivre avec leur trouble et de reprendre confiance en eux et en leurs capacités. 

​Car comme l’explique le  Docteur Olivier REVOL : 

« Les enfants dys sont des enfants intelligents qui souffrent de ne pas pouvoir le montrer ni le prouver. 

Leur capacité à apprendre est différente, leur volonté d’apprendre est identique » 

       Olivier REVOL 

  • C’est pas sorcier : ‘’Les troubles Dys’’ : 
  • «  Agir tôt » pour le repérage précoce : 

Agir Tot – Les signes de TND chez bébé 

  • Votre enfant présente un écart inhabituel de développement. Quel accompagnement mettre en place ? 

       tnd_brochure_information_parcours_2020.pdf 

  • Les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) : 

https://maisondelautisme.gouv.fr/fiches-pratiques-autisme/pco-autisme

  • Troubles dys au sein des TND : 

https://maisondelautisme.gouv.fr/fiches-pratiques-autisme/troubles-dys

Conférences et rencontres
sur les troubles DYS

L’association organise des conférences et événements permettant aux professionnels d’échanger, de partager leurs expériences et de développer leurs connaissances autour de la neurodiversité.

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